Comment travailler avec  un râleur | Courrier Cadres
    





    

















    




    
    
  
  


  

   

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Ça vous dit de travailler avec un râleur?

Par : Annabel Benhaeim le Mardi 14 avril 2009

Il se plaint quand on lui donne des responsabilités, boude quand on les lui retire, maugrée quand on parle trop fort au téléphone. Pas facile de gérer ce personnage à la négativité envahissante sans que cela ne déteigne sur votre propre moral.

Tous les jours, sans exception, Valérie râle. Le temps, les embouteillages, les enfants, la crise, le patron… Naïma, sa collègue, doit l’écouter pester et bougonner sans fin. Au point que ça commence à déteindre sur son propre moral. “Le matin, la perspective de retrouver ma râleuse de collègue, ça me mine. Au point que c’est moi que certains collègues trouvent bougonne !” Pour se protéger, Naïma fait le gros dos et laisse Valérie déverser ses torrents de plaintes, sans l’écouter. Aïe, aïe, aïe ! “C’est la pire des solutions, s’exclame Christophe Réville, psychothérapeute et coach spécialisé dans le management. Le râleur se sent incompris : il a besoin de pester devant un auditoire attentif, peu lui importe à propos de quoi.” Si vous ne l’écoutez pas, le râleur n’en finira plus de râler. Oui mais si vous lui prêtez l’oreille, il vous gâche la vie ! Alors comment réagir?

Un ronchon a oublié comment dialoguer

“Quand on peste contre la terre entière, c’est bien souvent le symptôme d’une souffrance dans la communication”, estime Christophe Belud, consultant en ressources humaines et coach chez Excelia. Un bougon a oublié comment dialoguer naturellement. Il ronchonne car il imagine que personne n’écoute ses problèmes. Sandrine Weisz, auteur du livre Gérer les personnalités difficiles au travail*, propose une attitude simple pour venir à bout de ses lamentations : utiliser le nous et le on. Votre voisin se plaint du mauvais temps ? Répondez : “On devrait essayer d’être plus positifs.” Il râle quand un collègue parle fort au téléphone ? Soutenez-le, dites-lui : “Il est vrai que nous nous gênons parfois.” Si, désarmé par votre tactique, le récalcitrant se lance dans le dénigrement de cette fichue entreprise qui, etc., etc., Sandrine Weisz conseille d’abonder dans son sens en poussant sa logique jusqu’au bout : “Tu as raison, tu ne t’épanouis plus dans cette société, peut-être devrais-tu envisager de trouver autre chose.” Acculé dans ses retranchements, le râleur finira par prendre conscience de l’absurdité de sa mauvaise humeur !

Conflit désamorcé

Le langage recèle des trésors pour confondre les râleurs. Suzanne en a fait l’expérience avec son chef. Manager de projet en événementiel, elle se coltine un supérieur ronchon. “Il n’est jamais satisfait. Avec moi comme avec les autres. Il nous parle mal, dénigre notre travail en public.” Un jour, à l’issue d’une réunion, Suzanne vide son sac. Elle déclare à son chef que ses propos l’ont blessée et que cette situation l’attriste. “On aurait dit qu’il tombait des nues !” Pour Christophe Réville, Suzanne a choisi la bonne attitude : “Elle a parlé à la première personne et exprimé sa souffrance à elle, sans chercher à mettre son patron en cause. Elle a désamorcé le conflit en faisant part de ce qu’elle ressentait.”

Rester le plus neutre possible

Sandrine Weisz, pour sa part, préconise de rester le plus neutre possible face à l’adversité. Selon elle, Suzanne aurait pu formuler son problème ainsi : “J’ai remarqué que, d’une manière générale, nos travaux faisaient l’objet de remontrances sévères. Plusieurs d’entre nous ne comprennent pas ces reproches.” Isabelle se souvient de son collègue Philippe, chef de publicité qui, à n’importe quelle question, répondait par un haussement d’épaules accompagné d’un soupir. D’abord amusés, puis vite excédés, Isabelle et plusieurs de ses collègues se sont mis à l’imiter, haussant les épaules et soufflant à tout propos. Philippe, bien sûr, a fini par s’en apercevoir. Et a quitté l’entreprise ! “Il me semble bien aujourd’hui que nous n’avons pas été très malins”, reconnaît Isabelle. Selon Sandrine Weisz, Isabelle aurait pu stopper son collègue en lui disant : “J’ai l’impression qu’à chaque fois que l’on demande ton avis, cela t’ennuie.” Il aurait pu comprendre ainsi, sans se vexer, que seul son soupir était en cause, pas lui. Le dialogue reste toujours préférable, d’autant plus que, selon le coach Christophe Réville, “les bougons ne supportent pas l’humour à leur encontre, ils ont en général assez peu de recul sur leur comportement.” En clair, ils ne se rendent pas toujours compte du côté pénible de leurs plaintes. Un comble pour ceux qui doivent les supporter au quotidien.

 

(*) Gérer les personnalités difficiles au travail, Sandrine Weisz, éditions Maxima, 2006, 19,80 euros.

 

Small_PICTO.jpg Article publié dans Courrier Cadres n° 27 (Février 2009)

 

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