10 bonnes raisons d’utiliser son DIF | Courrier Cadres
    





    

















    





    
    
  
  


  

   

Déjà membre ?

 

10 bonnes raisons d’utiliser son DIF

Par : Frédéric Sanclar le Jeudi 17 septembre 2009

Le DIF ? On verra plus tard. Vous ne savez pas quoi en faire. Ni quand. Pourtant, c’est fou ce qu’on peut faire avec 100 heures de formation.

Ce devait être une révolution. Grâce au DIF, le droit individuel à la formation, apprendre tout au long de sa vie professionnelle allait enfin devenir une réalité. Mais cinq ans après son lancement, le dispositif patine. Manque de temps, information insuffisante, hiérarchie peu coopérative… Selon l’enquête du groupe Demos réalisée en mars dernier, seuls 27 % des salariés ont utilisé leur droit en 2008. Et ils ne sont que 8 % à y recourir systématiquement chaque année, les cadres ne faisant pas mieux que les autres. Dommage : aujourd’hui, les compteurs DIF affichent 100 heures (un salarié acquiert 20 heures par an, parfois plus). De quoi se concocter un bon petit programme de formation. Voici dix raisons incontestables de passer enfin à l’action.

1  Révéler enfin tous vos talents

Cela fait des années que vous éprouvez le besoin de mieux gérer la pression, libérer votre créativité, adapter votre communication à vos interlocuteurs, etc. ? Ça tombe bien : les instituts de formation regorgent de modules de développement personnel de deux ou trois jours, formatés DIF. De quoi vous bâtir un programme sur mesure. “Toutefois, il est possible que votre manager rechigne à financer plusieurs modules de ce type la même année”, prévient Sébastien Fromm, chef de produits à l’IFG-Cnof.
Vous pourrez alors soit proposer de suivre la formation sur deux ans par exemple, soit l’intégrer à un autre cursus. Par exemple, un cours de conduite de projet de 40 heures complété par deux stages d’une vingtaine d’heures chacun, préparant à la gestion du stress et la prise de parole en public.

2  Avoir le diplôme qui vous manque

Les CP ou certifications professionnelles attestent de manière très officielle de la maîtrise d’une fonction ou d’une activité. Elles s’adressent à des cadres qui viennent d’accéder à de nouvelles responsabilités ou qui souhaitent actualiser leurs connaissances. Décernées à l’issue de 10 à 15 jours de formation, elles s’adaptent parfaitement au format du DIF. Exemple : l’IFG-Cnof propose des CP de contrôleur de gestion en 112 heures, de chargé de communication en 98 heures… C’est la formation que vient de suivre Nelly Altier : “En quatorze journées denses réparties sur plusieurs mois, j’ai appris à monter des événements, créer des supports ou bâtir un plan de com.” Une sorte de tutorat qui a permis à cette femme de 29 ans de trouver ses marques dans son nouveau poste.

3 Get better au Toeic

Le sésame pour intégrer ou évoluer dans de nombreux groupes tient en cinq lettres : Toeic. “Quand on vise un poste à dimension internationale ou dans la perspective d’une expatriation, on a intérêt à atteindre un excellent score à ce fameux test d’anglais”, explique Guilain Vandaele, de CSP Formation. Le DIF peut être votre allié pour y parvenir, en optant pour des cours intensifs. Suivre par exemple trois sessions de 40, 40 et 20 heures, espacées de quelques mois. En général, vous aurez peu de mal à convaincre votre patron : après le développement personnel, les cours de langues constituent l’utilisation la plus courante du DIF.

4 Changer de vie et de métier

Chef de produit dans une filiale de la SNCF, Sylvain, 32 ans, voudrait changer de voie. Et s’orienter vers une carrière en rapport avec sa passion : internet. “Mon rêve serait de me greffer sur le lancement d’un site web, témoigne-t-il. Mais comme je n’ai aucune compétence particulière en la matière, j’ai eu l’idée d’utiliser mon DIF : j’ai suivi 35 heures de formation sur le e-marketing, 14 heures sur l’efficacité commerciale d’un site, 35 heures sur la création de site à l’aide du logiciel Dreamweaver.” Depuis cette initiation au web, Sylvain cherche un poste dans une start-up.
Rien de tel que ces quelques dizaines d’heures de formation pour découvrir un métier avant de faire le grand saut à l’extérieur ou dans sa propre boîte. À condition, encore une fois, de convaincre son manager, pas forcément enclin à financer un projet sans rapport avec son métier d’origine. “J’ai dû batailler ferme avec ma DRH”, concède Sylvain.
La solution pour faire passer la pilule : démontrer que cette nouvelle compétence sera utile à l’entreprise, ou que vous maintenez ainsi votre sacro-sainte employabilité en cas de coup dur… Mais veillez à choisir des modules cohérents. “Je me méfie du « picorage » consumériste”, prévient Françoise Maris, directrice régionale de l’organisme de formation Cesi. Bâtir un plan de formation demande un peu de réflexion. “À moins d’avoir un projet précis, mieux vaut utiliser ses vingt premières heures de DIF pour un bilan de compétences”, recommande Guilain Vandaele, directeur chez CSP Formation.

5 Vous offrir une formation longue

Vous rêvez d’un master en achats internationaux ou en communication et votre patron traîne des pieds ? Pour décrocher ces formations diplômantes, plutôt longues (de 300 à 400 heures), le DIF peut être un précieux allié. La loi vous autorise en effet à l’utiliser comme un apport. Ainsi Yves Maroille, 58 ans, cadre chez Spie Batignolles a mis ses 100 heures de DIF dans la corbeille, pour suivre un cursus de 240 heures de responsable en ingénierie de formation au Cesi.
“Au-delà de l’aspect financier, consacrer son DIF à un tel programme permet de prouver sa motivation à son employeur”, insiste Christophe Boisseau, de l’IFG-Cnof. C’est ce qui s’est passé pour Yves Maroille, puisque les 140 heures restantes ont été financées par son entreprise et son OPCA (organisme paritaire collecteur agréé, qui récolte les fonds de la formation). Et ce quinqua, fraîchement promu gestionnaire de ressources humaines, ne le regrette pas une seconde.

6 Vous armer pour créer votre boîte

Utiliser le DIF peut aussi s’avérer très utile si vous envisagez de créer une entreprise. En plus d’une formation liée à vos propres besoins (comptabilité, développement commercial, marketing, droit des affaires, etc.), vous pourrez suivre un cursus spécifique. Chez Demos, par exemple, un module de 21 heures, intitulé “Créer votre entreprise avec succès”, aborde l’analyse du projet de création, les projections financières et le choix du statut juridique.

7  Vous faire aider pour votre VAE

Prouver que l’on a atteint un certain niveau de connaissance grâce à sa seule pratique professionnelle est tout sauf simple. Obtenir un diplôme par le biais d’une VAE (validation des acquis de l’expérience) implique notamment de réaliser un dossier très complet. Et de convaincre un jury particulièrement pointilleux.
“Pour mettre toutes les chances de son côté, il est fortement recommandé de se faire aider à monter ce dossier, explique Françoise Maris, du Cesi. De la rédaction du document à la simulation du passage devant le jury, cet accompagnement prend environ 20 heures.” Encore un format DIF ! Et si, en cours de route, vous vous rendez compte qu’il vous manque une compétence, vous pourrez entreprendre des formations complémentaires avec les heures restantes. Et ainsi augmenter vos chances d’obtenir le précieux sésame.

8 Vous protéger en cas de plan social

Accompagnée dans le cadre d’un congé de reclassement après un licenciement économique, Aurélie Ducroquet vient d’entamer une formation de 240 heures. “Mon employeur acceptait de financer ce cursus, mais uniquement à hauteur de 170 heures, relate cette ancienne cadre d’Adecco, l’entreprise spécialisée en RH. Mon crédit DIF de 70 heures m’a permis de faire la jonction.” Et si vous vous retrouvez au chômage à la suite d’un plan de sauvegarde de l’emploi (communément appelé encore actuellement plan social), votre crédit de DIF est doublé.
Sachez enfin qu’en matière de formation pour les demandeurs d’emploi, la loi s’apprête à évoluer. Actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, le nouveau texte prévoit le principe de la portabilité du DIF. “Au moment du licenciement d’un salarié, son ancien employeur devra régler à son OPCA 9,15 euros par heure de DIF”, précise Alain-Frédéric Fernandez. Avec ce système, votre crédit de DIF vous suivra quand vous quitterez votre employeur…

9 Vous faire payer par votre employeur

Si vous êtes sur le point de perdre votre emploi (hors plan social), vous avez tout intérêt à demander à utiliser votre DIF avant de partir et, cette fois, votre employeur est obligé de l’accepter. En revanche, si vous partez dans le cadre du nouveau dispositif de rupture amiable, rien n’est prévu. “Dans ce cas, il faut proposer un deal à votre employeur : soit vous me gardez le temps que j’utilise mes heures de DIF, soit vous me les payez, explique Alain Ravisy, avocat en droit social. Pressé de vous voir partir, votre patron choisira probablement la deuxième option.” D’accord, mais combien vaut une heure de DIF ? “Il faut négocier sur la base de votre salaire net horaire, répond Me Ravisy. Autrement dit, si vous êtes payé 30 euros de l’heure et qu’il vous reste 50 heures de DIF, vous pouvez demander 1 500 euros.” Cette pratique contestée, car elle dévoie le droit à la formation, risque de disparaître dans les mois qui viennent si la portabilité du DIF est actée par la loi.

10  … Et si votre Boss dit toujours non

Et si, malgré tous ces bons arguments, votre manager continue à vous dire non… Il en a le droit (lire l’encadré page précédente). Si c’est votre absence qui le tracasse, proposez-lui de suivre les cours en e-learning, en dehors de vos heures de travail. Enfin, s’il bloque sur le financement, la loi a prévu qu’après deux refus, vous pouvez vous tourner vers le Fongecif (Fonds de gestion des congés individuels de formation) pour lui demander de participer au financement du cursus. L’accord n’est pas automatique, mais vous serez prioritaire.

Photo : © Dominique LUZY - Fotolia

 

Small_PICTO.jpg  Cet article est paru dans Courrier Cadres n°32, daté de juillet-août 2009.

Un “droit” qu’on peut vous refuser…

Qu’est-ce que c’est ?

Tout salarié bénéficie d’un crédit annuel de formation de 20 heures cumulables sur six ans, soit 120 heures au total. Pour y avoir droit, il faut être en CDI, à temps complet ou partiel, et être employé par son entreprise depuis au moins un an. Les CDD peuvent aussi profiter du DIF à condition d'avoir travaillé au moins 4 mois au cours des 12 derniers mois.

Comment formuler sa demande ?

Le salarié doit l’adresser par écrit. Le DIF n’est pas un vrai droit, dans la mesure où rien n’oblige l’employeur à accepter. Pour augmenter ses chances d’obtenir un accord, mieux vaut donc faire coïncider ses objectifs personnels avec les besoins de l’entreprise. On peut déposer autant de demandes qu’on le souhaite et l’employeur dispose d’un mois pour se prononcer. L’absence de réponse équivaut à un accord.

Quand se déroule la formation?

En principe en dehors du temps de travail. L’employeur verse alors une allocation de formation égale à la moitié du salaire net du salarié en plus de sa rémunération. Il prend aussi en charge les frais de formation correspondant au nombre d’heures acquises au titre du DIF. Si un accord de branche ou d’entreprise prévoit que la formation se déroule pendant le temps de travail, le salarié perçoit son salaire habituel.

DIF : quelle réalité pour les salariés ?

84 % des salariés savent qu’il est possible de cumuler ses heures de DIF sur plusieurs années. Et 56 % connaissent leur nombre d’heures acquises à ce jour. Seuls 58 % des salariés savent que l’entreprise a le droit de refuser leur demande de DIF. Parmi les salariés ayant déjà utilisé leur DIF, 30 % ont suivi une formation consacrée au développement personnel ou
à l’efficacité professionnelle, 24 % aux langues et 14 % au management.

Source : enquête Demos, mars 2009

Discussion autour de l'article

04 mars 2010, 09:18

francis (non vérifié)

dif

bonjour ,
si on a été licencié avant le décret du 18 janvier 2010 et que le soldes du dif n'a pas été mentionné sur le certificat de travail comment faire il y a recourt ou non. merci

Signaler un abus

02 novembre 2009, 14:37

Anonyme (non vérifié)

j'ai le même souci mon

j'ai le même souci mon patron veut utiliser mon DIF pour des formations en entreprise et je ne sais pas du tout si cela est valable.

Signaler un abus

15 octobre 2009, 19:19

Anonyme (non vérifié)

Question sur le DIF

Est ce qu'un boss à le droit d'utiliser nos heures DIF pour ses formations internes de compétences sans nous le demander? et sans nous avoir communiquer à aucun moment ni par orale ni par écrit le total de nos heures cumulées?
Car on a voulu me faire signé un document par rapport à la formation en anglais qu'il nous fait faire en parlant du livre Ix du code du travail afin de financer celle-ci. Mais quand j'ai compris qu'il prenait mes heures DIF pour financer cette formation j'ai pas voulu signé car j'attends qu'il m'en parle.
De plus nous sommes en licenciement économique.
Merci de bien vouloir répondre car c'est très important pour moi j'ai pas envi de me faire avoir ni me faire licencier pour refus de signature.

Signaler un abus

 

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

Au sommaire
de mars 2010

Découvrez toutes nos offres et bénéficiez de
30% de réduction !

Abonnez-vous

COUV_37.jpg
 

 

 

 
 

 

Venez gazouiller sur le Web...

Nous venons de fêter notre 500 ème abonné !

 

Twitter CC.com

LES BLOGS D'EXPERTS

Retour aux (res)sources

William Cousin

L'actualité sociale décryptée par un consultant en ressources humaines.

Dernier post : Le rachat des jours de RTT, c'est f... le Mardi 23 février 2010

L'entreprise idéale

Solenne de Thésut

Je décortique les pratiques RH des entreprises qui favorisent le développement de leurs collaborateurs. ...

Dernier post : Henkel met ses salariés sur scène le Mercredi 24 février 2010

En aparté

Gaëlle Picut

Chroniques sur la conciliation vie privée / vie professionnelle et sur les valeurs du travail

Dernier post : Splendeurs et misères du travail le Jeudi 11 mars 2010

Une question de droit(s)

Eric Rocheblave

Panorama de la jurisprudence en droit social par un avocat du barreau de Montpellier

Dernier post : Non-cadres, vous pouvez prétendre a... le Lundi 16 novembre 2009

C'est pas si grave !

Laurent Edel

Comment je coache mes clients en difficulté à sortir de situations professionnelles complexes: surmenage...

Dernier post : Management et vin naturel le Mercredi 16 décembre 2009

Sondage

Pour vous, bouger en 2010, c'est...
Changer d'entreprise
17%
Décrocher une promotion
26%
S'accrocher à son poste
24%
Attendre la fin de la crise
33%
 

Partagez votre expertise avec la communauté des cadres

VOTRE AVIS NOUS INTÉRESSE!

Fleche_Rouge.jpg Rejoignez notre panel de lecteurs et faites-nous part de votre opinion sur Courrier Cadres 

Fleche_Rouge.jpgVous recevrez nos enquêtes par e-mail et vous serez libre d'y répondre.

 

Abonnez-vous

BLOGS DE LA RÉDACTION

D'humeur égale

Pascale Colisson

Homme, femme, petit, grand, black, beur, jeune, moins jeune, ce blog s’adresse à tous ceux que les mots ...

Dernier post : 7 heures de congé de maternité, qui... le Vendredi 26 février 2010

Ça m' travaille...

Robin Carcan

Sur la scène comme en coulisses, la vie en entreprise réserve souvent des surprises...

Dernier post : "Berny" a trouvé du boulot le Jeudi 14 janvier 2010

La question qui fâche

"La crise, on en parle comment dans votre entreprise?"

Suggéré par La rédaction

56 réponses   55 participants

Votre nom :

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.

Consultez les avis

Newsletter du site

Newsletter Courrier Cadres

Recevez toutes les nouveautés Courrier Cadres