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le Jeudi 14 janvier 2010 par Robin Carcan
Vous avez sans doute eu vent de l'initiative peu commune de ce directeur commercial nantais, Bernage Mauriange – qui signe "Berny" les billets de son blog - : en octobre, il s'est "placardé" en grand sur une publicité de 4 par 3. Gonflé le quinqua !
Voilà l'affiche :

A-t-il engagé une somme folle pour aguicher le recruteur de la sorte? Pas le moins du monde, comme il l'a déjà raconté sur plusieurs blogs, dont le sien :
"Il y avait un panneau publicitaire libre sur une route très passagère. J'ai joint le propriétaire. Il a aimé ma démarche et m'a offert cet emplacement pour un mois", a-t-il notamment raconté.
Cette exhibition a porté ses fruits. Berny a été embauché courant décembre par une start up, Pingwy, spécialisée dans le monitoring informatique. Et y officie comme directeur commercial depuis le début de l’année. Pour mémoire, la société Pingwy s'est livrée à des tests de disponibilité des serveurs web des différents candidats lors de la campagne présidentielle de 2007. On peut même retrouver les résultats de l'étude ici.
Ce placardage m’évoque une autre opération,. L'un des pionniers du « chômage affiché » s'appelle en effet Gilles Limpalaer. Ce nom ne vous dit rien? Petit rafraîchissement. En 1993, ce cadre de l'informatique se paie (la gratuité n’est pas de mise) une pleine page d'autopublicité dans Le Monde du 26/05/1993. Pour sa mise en scène, il s'inspire d'un célèbre poême de La Fontaine qui, une fois remanié, devient "Le chêne et le réseau" :
Voici son auto-pub en intégralité, retrouvée sur un site personnel :

A l'époque, cette iniative, malgré un passage destiné à déclencher les actions…
"Et c'est alors que sans ambages, Directeurs Informatique, et Directeurs Généraux Composèrent son numéro"
… n'a pas produit le résultat attendu (C’est ce qu’il m’a raconté au téléphone en mai 1993).
Peut-être est-il alors un peu en avance sur son temps, à savoir une époque où le Web (j’ai bien dit « web » car l’email, lui, date de 1969) n'a que quelques années et les sites ne se comptant encore que par centaines (contre plus de 200 millions aujourd’hui). On peut également se demander si ces exemples n’attestent pas, à leur façon, du passage d’une société de l’écrit à une société de l’image.
Vu son âge (47 ans en 1993, c’est dit dans l’affiche), Gilles Limpalaer, professionnellement s'entend, doit probablement avoir atteint la retraite. Et peut-être porter un regard amusé - voire désireux - devant la campagne à succès de "Berny".
A LIRE EN PLUS... cet article de l'Express publié en 1993 raconte comment des cadres au chômage font tout pour sortir de l'anonymat







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