Chéri(e), devine qui vient dîner ce soir
Le Jeudi 30 avril 2009
On bavarde tous les jours à la machine à café ou dans les couloirs.
Alors pourquoi ne pas inviter ses collègues préférés à partager un bon repas à la maison ? Bonne idée, mais méfiez-vous des peaux de banane !
Copains de cantine, oui. Amis au point de s’inviter à dîner à la maison, pas forcément ! Responsable des ressources humaines dans une société high-tech en Rhône-Alpes, Isabelle en a fait la cruelle expérience. Dans un élan de sympathie, elle prend sous son aile un jeune ingénieur récemment embauché : “Il était tout seul et n’avait pas encore d’amis dans la région. Je le connaissais à peine, mais je l’ai invité à dîner à la maison avec des amis.” Au début, tout va bien. Mais, peu à peu, on se décoince. Trop ? La conversation glisse sur la politique… à quelques semaines d’une élection importante. Isabelle ronge son frein : “À ce moment-là, j’aurais aimé pouvoir appuyer sur la touche « stop ».” Trop tard ! L’ingénieur, le compagnon d’Isabelle, ses amis : chacun s’échauffe et la discussion tourne à la foire d’empoigne. Depuis, quand elle croise son collègue dans les couloirs, Isabelle se contente d’un bonjour poli. “Des mois après, je ne saurais dire lequel de nous deux est le plus mal à l’aise.”
Un supérieur hiérarchique n'est pas un ami comme les autres
À force de partager au quotidien des moments d’euphorie ou de stress sur un projet, la frontière entre relation professionnelle et amicale s’estompe. Et quoi de plus naturel dès lors que de proposer une invitation à la maison plutôt que d’en rester là. Mais regardez bien où vous mettez les pieds avant de foncer tête baissée… Un collègue, et a fortiori un supérieur hiérarchique, n’est pas un ami comme les autres : “Faire entrer la vie professionnelle dans la sphère privée, c’est déplacer une relation de travail sur un mode amical. Si ça tourne mal, il n’y a pas de retour possible, la relation professionnelle en sera affectée”, note Philippe Guittet, conseil en management chez PG Conseil.
Pour éviter ce piège, mieux vaut ne surtout pas avoir d’autre idée derrière la tête… que de passer un bon moment, en évitant les sujets qui fâchent. Rien de pire que la préméditation, rappelle Philippe Guittet : “Inviter ses collègues à dîner chez soi en s’imaginant pouvoir leur demander ensuite des faveurs, c’est vraiment n’avoir rien compris aux mécanismes de la relation professionnelle.”
Pour Aurélien, 29 ans, consultant en audit en région parisienne, l’affaire relève surtout d’un besoin de convivialité au bureau. Depuis deux ans, il tient régulièrement table ouverte pour ses collègues : “Dans mon entreprise, je fais figure de senior avec à peine trois ans d’ancienneté, tant le turn-over est élevé ! Ces rencontres permettent de se connaître un peu, dans un contexte plus chaleureux qu’entre l’ascenseur et la machine à café.”
Surtout pas de repas trop solennel
Selon l’âge et la position hiérarchique, les enjeux d’une rencontre hors de l’entreprise sont, il est vrai, différents, rappelle Philippe Guittet : “Les jeunes cadres cherchent à se construire un réseau et à nouer des amitiés. Une éventuelle mésentente aura moins de conséquences : les jeunes sont plus mobiles, ils changent plus souvent d’entreprise.”
Tout de même, pour être sûr de ne commettre aucun impair, limitez les risques et faites au plus simple : “Inutile de mettre les petits plats dans les grands ou de faire un repas trop solennel, au risque d’embarrasser ses invités”, conseille Constance Rietzler, directrice de La Belle École, qui propose des stages de savoir-vivre en entreprise. Quand on a partagé les rigueurs des flageolets de cantine, un festin de marcassin aux airelles n’a rien d’indispensable !
Aurélien a choisi la formule buffet campagnard, un bon compromis : “C’est très informel. J’assure le fonds de roulement et chaque convive apporte à boire et à grignoter.” Chez lui, on se bouscule un peu, la maison est petite, mais chaleureuse. C’est l’essentiel : inutile de sortir chandelles et couverts en argent.
Mais veillez tout de même à ce que votre intérieur soit présentable… Convier ses collègues dans son “home sweet home” quand on a oublié de faire le ménage depuis des mois, laissé en liberté son élevage d’insectes, c’est le suicide professionnel assuré ! “Chaque détail dévoilé de la vie privée constitue une base de jugement, et cela peut se révéler négatif dans une relation de travail”, note Constance Rietzler. Difficile pour un cadre d’être pris au sérieux dans l’entreprise une fois qu’il a exhibé sa collection de nounours.
Quand votre chef rencontre votre père
Surtout lorsque c’est le patron lui-même qui s’invite… Dans ce cas, pas de panique ! Alors qu’elle s’était bien juré de ne pas mélanger boulot et vie privée, Nathalie Dorval, comédienne et formatrice en prise de parole dans un cabinet parisien, a fait une entorse à son principe en conviant son boss et son épouse à un déjeuner dominical dans le jardin de son père. “En discutant avec mon responsable, j’avais évoqué le parcours de mon père et il a manifesté l’envie de le rencontrer.” Un peu tendue avant l’arrivée de son employeur, elle s’est vite réjouie de son initiative. “La rencontre était conviviale et agréable. Mon patron a chanté mes louanges à mon père et je sais qu’il n’aurait peut-être jamais osé formuler de tels compliments dans un cadre plus formel. En me connaissant mieux, il s’est libéré : à présent, il me fait davantage confiance quand je propose une idée nouvelle en formation.” Normal : c’est – presque – devenu un ami.
Photo : © Andrey Plotnikov - Fotolia
Article publié dans Courrier Cadres n°28 (mars 2009).
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23 mai 2009, 22:38
Epicetavie (non vérifié)
Chéri(e), devine qui vient dîner ce soir
Il est vrai que ce n'est pas toujours une reussite de faire entrer un collegue dans son chez-soi. Mais une premiere etape test serait d'organiser des activites ensemble en dehors du lieu de travail et a plusieures reprises avant de lancer une invitation pour une soiree a la maison.
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