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le Mardi 24 novembre 2009 par Anonyme

A l'heure où l'on parle beaucoup de la perte du collectif au travail, je voudrais revenir un peu sur la notion de solidarité au travail, qui me semble fondamentale.
Personnellement, je trouve que parmi l'un des aspects positifs que peut apporter le travail est justement ce sentiment de faire partie d'un collectif, d'une équipe. Du collectif peuvent naître des échanges, des apprentissages, des complicités, des solidarités, de l'entraide, de l'émulation, des fous rires mais aussi des coups de g...., des tensions, des jalousies, des clans... La vie, en somme !
D'ailleurs, parmi les inconvénients du travail à domicile, cette perte du collectif est (à juste titre) très souvent souligné. Lorsque l'on travaille en free-lance ou en télétravail, on effectue un travail solitaire. La personne n'est pas entourée par un collectif pour la motiver, discuter d'un projet, confronter des idées (ni pour s'agacer, se disputer, supporter les humeurs, les susceptibilités, les jalousies, non plus, bien sûr...
)
Il est important de noter que lorsque l'on interroge les salariés français sur ce qui comptent pour eux au terme de qualité de vie au travail, 96% estiment que les relations entre les collègues sont importantes (voir ces sondages réalisés pour l'ANACT par le CSA ici et là). Et d'ailleurs, 90% des salariés déclarent les juger satisfaisantes (49% très satisfaisantes et 41% plutôt satisfaisantes). A noter que c'est sur cet item que le niveau de satisfaction est le plus élevé.
Certains spécialistes dénoncent les pratiques managériales basées sur l'individualisation (des compétences, des parcours professionnels, des évaluations, des rémunérations...) qui entraînent une perte du collectif, un amoindrissement de la solidarité, un isolement et une mise en concurrence dangereuse entre les salariés.
Alors, qu'en est-il du collectif ? Est-il plus fragile (fragilisé), plus mouvant, plus rare ?
Et lorsque les conditions de travail deviennent difficiles ou la situation économique tendue, les solidarités ont-elles tendance à se renforcer ou au contraire, à se distendre ? Les tensions entre les individu sont-elles exacerbées ou l'esprit collectif en sort-il grandi ?
Au passage, une remarque de Marie-France Hirigoyen lue ici (p. 22) qui me semble intéressante :
"Il est indéniable que le monde du travail a entraîné une chute du collectif. Je partage ce constat, même si j’adopte une autre voie. Il me semble que la perte du collectif et l’absence de solidarité constituent des phénomènes globaux, qui ne sont pas l’apanage des entreprises. Preuves en sont les émissions de télévision fondées sur la compétition et l’élimination. C’est pourquoi il serait vain de tenter la réintroduction de certaines valeurs, dans des lieux précis alors que toute la société est affectée".
Qu'en pensez-vous ? Comment vivez-vous cet équilibre ou cette tension entre l'individuel et le collectif, entre l'esprit d'équipe et l'esprit de compétition, entre la solidarité entre collègues et la rivalité ?
Gaëlle Picut
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