Yoga, méditation, sophrologie… Ces techniques ne visent pas uniquement votre bien-être : elles sont aussi un outil pour vous rendre plus efficace. La relaxation améliore notamment votre concentration et vous aide à mieux communiquer.
Depuis trois mois, votre chef a en permanence un léger sourire aux lèvres. Les réflexions naïves venant de votre collègue ne l’énervent plus. Sa jambe ne frétille plus pendant les réunions. Assurément, il est plus zen. Serait-il devenu un pratiquant de la relaxation ?
La relaxation n’est autre qu’un ensemble de techniques qui permettent de relâcher son corps et son esprit. Elle est le socle commun d’une multitude de disciplines – le plus souvent venues d’Asie – comme le yoga, la méditation, la sophrologie ou encore l’hypnose.
Considérée comme exotique, voire ésotérique, la relaxation a longtemps été ignorée par les scientifiques et médecins occidentaux. Ce n’est que dans les années 1970 que les chercheurs ont commencé à étudier les changements biologiques qu’elle générait dans l’organisme.
à l’époque, Herbert Benson, un cardiologue américain de la Medical School d’Harvard, invite dans son laboratoire plusieurs maîtres yogis connus pour leur faculté à se relaxer pleinement pendant leur méditation. En les soumettant à une batterie de tests, Benson découvre que l’état de relaxation ralentit le rythme cardiaque et la respiration, et qu’il aurait des vertus insoupçonnées sur notre santé : réduction de l’hypertension, du taux de mauvais cholestérol, des douleurs chroniques, de l’anxiété et de la dépendance aux drogues.
“C’est précisément parce qu’elle est à l’exact opposé du stress que la relaxation est si bénéfique, confirme Patrick Légeron, chercheur en neurologie et médecin psychiatre. à la longue, le stress détruit notre organisme. Grâce à la pratique de la relaxation, on empêche qu’il ne s’installe et l’on prévient du même coup toutes les pathologies qui lui sont liées : maladies cardiovasculaires, cancers, dépression, etc.”
Comme si un ours était prêt à nous attaquer
Comment cette discipline associant des exercices de respiration lente et de relâchement musculaire peut-elle faire autant de miracles ? “Elle fait basculer notre système nerveux végétatif du mode sympathique au mode parasympathique”, détaille le docteur Légeron. Notre système nerveux végétatif, situé dans un lieu bien particulier du cerveau – l’hypothalamus et le tronc cérébral – est l’ordinateur du corps. Il surveille et gère tout ce qui n’est pas commandé par la volonté consciente : battements du cœur, tension artérielle, mais aussi sécrétions hormonales et réactions du système immunitaire.
En mode sympathique, le système nerveux végétatif a tendance à emballer la machine pour répondre aux stimulations extérieures. Par exemple, tension et battements cardiaques augmentent. C’est l’état de stress. En mode parasympathique, en revanche, il tend à calmer la machine et à sécréter des hormones de bien-être et de plaisir. C’est l’état de non-stress. “Le souci, c’est que l’organisme n’a pas eu le temps de s’adapter à la vie moderne, poursuit Patrick Légeron. à la moindre alerte – c’est-à-dire quasiment tout le temps dans certains métiers ! –, le corps se met automatiquement en mode stress, comme si un ours était prêt à nous attaquer ! Chez certains, il a même une fâcheuse tendance à rester dans cet état. Seule une action volontaire sur son corps peut permettre d’en sortir. C’est ce que fait la relaxation.”
Détendre l’organisme pour apaiser l’esprit
Si votre chef est plus zen, c’est justement parce qu’il invite chaque jour volontairement son corps à se relaxer. Il existe en effet un lien entre tension psychique et tension musculaire. Des chercheurs ont montré que c’est même l’état du corps qui induit notre état émotionnel, et non l’inverse. La preuve a été apportée dans les années 1980 par le neurologue américain Antonio Damasio, de l’université de l’Iowa. L’une de ses expériences a consisté à stimuler les muscles du sourire chez des volontaires, qui éprouvaient illico des sensations de joie et de plénitude.
En réduisant les tensions musculaires, la relaxation aide à éliminer tensions psychiques et émotions négatives qui leur sont associées. Votre chef a dû l’apprendre de son maître zen. Le plus étonnant, c’est qu’il a à peine bronché le jour où son responsable commercial a donné sa démission. L’annonce tenait pourtant de la déflagration : ce collaborateur gérait tout le portefeuille de clients ! Naguère, votre chef aurait laissé échapper une grosse bordée d’injures. “C’est vraiment dommage, mais je te comprends et te souhaite bonne chance pour la suite”, lui a-t-il au contraire glissé sur un ton apaisé.
Apprendre à combattre ses peurs
En se laissant emplir par les émotions positives, un “relaxé” connaît moins la peur et maîtrise bien mieux ses réactions. Une preuve éclatante a été apportée en 1998 par le chercheur américain Paul Ekman, de l’université de Californie, à San Francisco. Son expérience a porté sur l’une de nos réactions de peur les plus primitives : le sursaut provoqué par un bruit retentissant. Deux dixièmes de seconde après la détonation, cette réaction se traduit par la contraction involontaire de cinq muscles faciaux.
Le chercheur Paul Ekman a fait subir ce bruit – l’équivalent d’un pétard qui éclaterait à côté de l’oreille – à différentes personnes. Même un tireur d’élite de la police américaine n’a pu retenir de violents spasmes. Seul Ôser, un moine bouddhiste qui, depuis l’enfance, médite en position du lotus, est demeuré totalement impassible. “La détonation m’a paru faible, un peu comme si j’avais entendu le bruit de loin”, a raconté le vénérable moine après l’expérience.
Si votre chef a de moins en moins peur, il est aussi bien plus attentif à ses collègues. Il a gagné en présence, comme si ses “antennes” s’étaient déployées. Les psychologues ont baptisé ce phénomène “intensification de la présence au monde”. C’est la faculté de vivre plus intensément l’instant présent et de prendre bien plus profondément conscience de soi et de ce qui nous entoure. Il s’agit là du bonus de la relaxation : en relâchant son esprit, on le rend beaucoup plus disponible, donc plus ouvert et plus réceptif.
Préparés à la compétition par un relaxologue
Les sportifs de haut niveau ont été parmi les premiers à mettre ce phénomène à profit. Les footballeurs de l’équipe d’Allemagne par exemple, vice-champions d’Europe cet été, ont été préparés à la compétition par un relaxologue. “Ils prennent ainsi davantage conscience de leur corps et augmentent la précision de leurs gestes, explique Manuel Gastambide, sophrologue du sport et spécia-liste de la relaxation. Cela leur permet aussi de mieux ressentir l’environnement dans lequel ils évoluent. Par exemple, des skieurs qui se relaxent sont davantage capables de maîtriser leur parcours car ils savent anticiper les difficultés.”
Certes, la précision du geste n’est pas vraiment indispensable au bureau. Quoique. Pour Manuel Gastambide, qui coache de plus en plus de cadres, “la relaxation apporte une clairvoyance qui se révèle être une grande force pour le manager. Lorsqu’on sent bien son équipe, on est capable de faire les bonnes interventions au bon moment, chacune adaptée aux personnes et aux situations”. En dépit de certains indices évidents, votre chef ne vous a jamais avoué qu’il pratiquait la relaxation ? Peut-être ne souhaite-t-il pas livrer le secret de sa réussite…
Photo : © Nanou - Fotolia.com
03 novembre 2008, 14:10
Anonyme (non vérifié)
Bonjour, Est-ce que
Bonjour,
Est-ce que quelqu'un pourrait m'indiquer des centres où on fait de la meditation ou des exercises de relaxation à Paris? Je ne suis pas intéressée à des associations ou organisations réligieuses. Merci d'avance
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