Si vous postulez, surtout n'envoyez ni CV... ni lettre de motivation !
Par : Robin Carcan le Mardi 14 octobre 2008
Une nouvelle méthode de sélection, qui pourrait séduire des recruteurs innovants et soucieux de repousser les frontières de la discrimination, se base sur un court questionnaire. Elle a été lancé début septembre par un jeune cabinet de recrutement bordelais.
« Votre collègue et votre chef se sont absentés. Un candidat vous appelle et commence à vous insulter. Le ton monte. Que faites-vous pendant la discussion et après avoir raccroché ? Expliquez chacun de vos choix ». Voilà l’une des questions à laquelle vous devrez répondre si vous convoitez le poste de chargé de recherche proposé par le cabinet Aquilae RH. Il vous en sera posé quatre autres et vous n’aurez pas la possibilité d’envoyer un CV… ni même une lettre de motivation. Un procédé incroyablement contraignant, pensez-vous ? Ce n’est pas son but en tout cas.
Faire disparaître ses références
La méthode Elites, mise au point par ce jeune cabinet de recrutement bordelais, veut repousser les frontières de la discrimination dans le processus de recrutement. « Embaucher, c’est mesurer les comportements attendus par un employeur, explique Patricia Goyenetche, fondatrice du cabinet. On se rapproche ici de la candidature à l’anglo-saxonne, avec laquelle on explique ses compétences. Après soixante-dix ans de CV, il est temps de changer de pratique »!
La méthode Elites emprunte à la psychologie sociale et part du postulat que si un candidat exerce bien son métier, il va bien le restituer. Pas de référence à une formation initiale, pas de mention des précédents employeurs… certains risquent d’être rebutés par ce processus de recrutement inhabituel. D’autres, au contraire, au profil atypique par exemple, pourraient lui réserver un meilleur accueil.
Pour une fois, comparaison est raison
Que deviennent ensuite les réponses ? Elles subissent une analyse de contenu, qui met en lumière « l’intention de l’interlocuteur », explique Patricia Goyenetche. Autre singularité de ce recrutement sans CV, la présence d’un « sujet-contrôle » : une condition sine qua non pour valider un processus qui s’inspire de la psychologie sociale.
Ce mystérieux sujet contrôle n'est autre qu'un salarié de l’entreprise en recherche de candidat et qui répond également au questionnaire. L’objectif étant de pouvoir comparer les réponses du cobaye interne avec celles du (ou des) postulant(es). Et s’il y a trop d’écart entre les deux ? « Cela peut convaincre l’employeur d'opter pour un candidat moins opérationnel dans l’immédiat et de choisir une personne qu'elle va former », souligne la fondatrice d’Aquilae RH. La suite du recrutement, quant à elle, s'avère plus « classique » : autres tests si nécessaire, pré-entretien, etc.
Faire évoluer le métier
Aujourd’hui, pour en faire la promotion, Aquilae RH s’applique à lui-même la méthode et a publié trois offres de postes. Mais le cabinet ne veut pas en rester là et compte la vendre à d’autres structures de recrutement. C'est après une carrière dans l'Armée de Terre que Patricia Goyenetche a rencontré des difficultés à se réinsérer dans la vie civile. Elle estime avoir été victime de discrimination, les recruteurs potentiels lui ayant souvent répondu qu’ils avaient des difficultés à évaluer ses compétences... d'ex-militaire. Le niveau master1 de psychologie sociale atteint, elle s'est décidée à se lancer dans le recrutement. Convaincue que le métier de recruteur peut - et doit - évoluer.
Photo : © Dominic Clinton - Fotolia.com
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56 réponses
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18 novembre 2008, 12:38
Anonyme (non vérifié)
A Priori
Quelles sont les réticences des employeurs potentiels devant cette méthode? Sont-ils déroutés?
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13 novembre 2008, 15:59
Patricia Goyenetche (non vérifié)
A propos de la durée
Le questionnaire comprend 5 questions uniquement. La durée dépend de la maîtrise des tâches par le candidat. Dans tous les cas, il n'y a aucune limite de temps. Ce choix est volontaire afin de permettre au candidat de s'exprimer dans les meilleures conditions.
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13 novembre 2008, 15:32
Valérie (non vérifié)
Je suis étudiante en
Je suis étudiante en psychologie du travail et pour ma part je trouve cette méthode intéressante. Cependant, la France reste très attachée à l'obtention de diplômes. Il est clair que la mise en situation donne de bons résultats, mais je pense que celle ci doit être couplée avec l'expérience d'une personne, ses connaissances du milieu dans lequel il postule.
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06 novembre 2008, 21:49
Philippe (non vérifié)
Durée
Est-ce long ce questionnaire ou pas?
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