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le Mercredi 02 décembre 2009 par Anonyme

Au-delà des difficultés réelles pour mener à bien conciliation travail / enfants en terme d'horaires et d'agenda, il y a une autre difficulté dont on parle moins mais qui me semble toute aussi importante. Il s'agit de très grandes différences de temporalités entre la vie professionnelle et la vie familiale. Je m'explique :
- la vie professionnelle réclame de l'efficacité, de la rapidité, de la réactivité, de la mobilité, de l'agileté, de la productivité en un mot. On est dans l'immédiateté, l'impatience, la vitesse d'exécution. Il s'agit de réduire au maximum les temps morts, de ne pas perdre de temps.
- la vie familiale réclame quant à elle une certaine lenteur et une certaine stabilité, voire de la routine. Les enfants n'aiment pas particulièrement être bousculés. Il ne s'agit pas ici de productivité ou de rentabilité à court terme, de mobilité incessante mais plutôt d'un projet au long cours, sur la durée, avec des répétitions, des repères, des habitudes, des actes gratuits. Il faut prendre le temps d'expliquer, d'apprendre, de faire découvrir. Il faut accepter de perdre du temps parfois, de ne pas vouloir à tout prix remplir toutes les cases temporelles ou chercher à les "rentabiliser"...
Passer de l'une à l'autre, de cette temporalité basée essentiellement sur la vitesse et le court terme à une temporalité basée davantage sur la lenteur, la durée et la patience demande beaucoup d'énergie, d'efforts et d'adaptation.
On ne peut pas gérer sa vie familiale comme sa vie professionnelle avec le même tempo. ll faut savoir ralentir, changer de rythme... Car si on exige autant de rapidité, de réactivité, on risque fort de se planter !
Et lorsque l'on court de l'un (vie professionnelle) à l'autre (vie familiale), les bugs peuvent être fréquents...d'où des sentiments possibles de frustration, d'impatience, voire de culpabilité.
Un peu comme si la vie professionnelle, c'était monter dans un TGV (il s'agit d'aller viter, d'atteindre l'objectif le plus rapidement possible) alors que la vie familiale ressemble davantage à un voyage en TER, avec des arrêts fréquents, des pannes, des pauses, du temps pour flâner, pour observer, voire pour s'ennuyer... Bref, pas facile de concilier ces temporalités parfois si différentes, de ne pas imposer dans la vie familiale les exigences de la vie professionnelle, d'accepter que les retours sur investissement avec les enfants sont rarement immédiats et difficilement mesurables, qu'une certaine routine et lenteur (deux éléments peu valorisés dans la sphère professionnelle) peuvent être bénéfiques dans la sphère familiale.
Gaëlle Picut
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